Le soleil, l’herbe et une vie à gagner
“Mon ange
J’ai faim de toi, mon cœur. Oh oui j’ai faim, de ta chair et de tes agitations, j’ai faim de cette éclipse que tu es pour moi, j’ai faim et puis j’ai froid, j’ai froid là dans mon bureau par ta faute, j’ouvre la fenêtre pour fumer et je fume beaucoup trop, parce que je suis un imbécile, je fume pour t’écrire, pas pour t’adresser quelque chose, et même pas pour écrire sur toi, j’écris de toi, mon cœur. Pour ça j’ai besoin de clopes et de chansons, j’ai besoin de gueule de bois, j’ai besoin de malheur. Je ne sais pas si un jour nous nous reverrons, mon cœur, maintenant que tu es un fantôme, ça va être difficile parce que moi je ne crois pas tellement aux fantômes. Mon ange, je vais m’en aller. Je vais m’en aller parce que chez moi dès que je fume une clope, ça sent la clope partout. Et si ça sent la clope partout dès que j’en fume une, c’est parce qu’il n’y a pas d’autres odeurs. Chez moi ça ne sent rien, et j’ai envie d’un endroit où ça sente quelque chose, un endroit où ça sente la mer ou la poussière”




